L’Occupation GUARANI-KAIOWÁ

Le mois dernier, nous avons réalisé notre dernière Vidéo-Recherche-Action dans un quartier né, suite à l’occupation d’un terrain dans la périphérie de Belo Horizonte, dans l’Etat de Minas Gérais au Brésil,
L’occupation GUARANI-KAIOWÁ
En attendant notre prochain film relatant plus en détail les problématiques et l’organisation de la communauté l’article ci-dessous présentent leur histoire et leur lutte. Nous l’avons traduit du site de leur campagne de financement pour la construction d’un centre social dans la communauté.
Vous pouvez les soutenir ici :https://www.catarse.me/centrosocialgk

L’Occupation GUARANI-KAIOWÁ!

Le jour de la lutte internationale pour le droit des femmes, le 8 Mars 2013, 150 familles se préparaient à occuper un terrain abandonné dans le quartier de Ressaca, à Contagem, ville située en périphérie de Belo Horizonte, au sud-est du Brésil.

150 familles, soutenues par le mouvement des Brigades Populaires, avaient le cœur battant dans l’espoir de transformer un terrain, qui depuis des années était abandonné aux vautours de la spéculation immobilière, en une communauté pleine de vie, d’amitié, d’esprit collectif et remplissant enfin une fonction sociale.

Le 9 mars, comme le résultat inévitable d’une politique de logement injuste, l’occupation Guarani-Kaiowá (GK) est née. Fruit de l’auto-organisation et de l’action directe populaire face à un système élitiste qui fonctionne selon la logique du « beaucoup de terres sans personne, beaucoup de personnes sans terres ». Le nom, Guarani-Kaiowá, a été choisi en hommage à l’ethnie indigène du même nom, qui lutte farouchement contre les grands propriétaires terriens, depuis des années, dans la région du Mato Grosso do Sul, au sud-ouest du Brésil.

Les habitant-e-s ont alors monté une cuisine collective et des cabanes en bâche, après avoir préparé tout le terrain, puis l’ont divisé en parcelles qui ont été tirées au sort pour chaque famille, en respectant un projet urbanistique élaboré en collaboration avec un groupe d’architectes soutenant l’occupation. La communauté a délimité ses rues et des espaces communs.


« Si le gouvernement ne garantit pas nos droits, garantissons-les avec nos propres mains »

C’est l’idée qui anime depuis le début ces familles occupant ce terrain abandonné de l’entreprise Muschioni. Le droit au logement est un droit constitutionnel au Brésil, mais il n’est pas du tout respecté et constamment menacé par la spéculation immobilière. Le droit à la propriété, qui devrait être garanti uniquement lorsque celle-ci remplit une fonction sociale, selon la loi, prime quasi toujours sur le droit au logement, même si le titre de propriété est irrégulier et que le terrain ne remplit plus aucune fonction sociale depuis des années.

Selon cette logique les familles doivent travailler énormément et se sacrifier pour payer de loyers de plus en plus chers, dans des quartiers de plus en plus éloignés du centre, ou alors elles sont obligées d’être logées gracieusement dans la maison de proches en restant à la merci du cruel destin de ne pas avoir de logement fixe.

Ces familles qui n’avaient pas où loger ont donc fait d’un terrain abandonné – qui était alors connu pour être utilisé comme cachette lors d’agressions sexuelles ou pour dissimuler des cadavres – une communauté vivante, unie, pleine de potagers, d’animaux, d’enfants, d’arbres et de lieux de vie collectifs. Ils ont créé sur ce terrain ce que le gouvernement n’a jamais fait : un espace servant de logement digne pour des centaines d’enfants, de travailleurs et travailleuses et de personnes âgées

« Seule la lutte et l’action garantissent notre maison »

Mais la vie d’une occupation urbaine n’est définitivement pas facile. Des baraques en bâche de 2013 aux maisons en brique d’aujourd’hui, ce furent d’innombrables assemblées communautaires, réunions de coordination, actions, blocages, manifestations, occupations d’administrations publiques, négociations et décisions collectives prises avec le collectif d’avocat qui soutient la communauté pour les démarches judiciaires.

Et pas seulement pour la lutte de la communauté. L’occupation s’est mobilisée en se solidarisant avec d’autres luttent urbaines, comme par exemple avec les terrains occupés de l’Izidora (situés également en périphérie de Belo Horizonte, les communautés de l’Izidora réunissent environ 8000 familles, ce qui en fait l’une des plus grandes occupations urbaines d’Amérique latine) en réalisant des blocages de route et en étant présent sur les terrains menacés d’expulsion. Heureusement, grâce à la lutte, les communautés de l’Izidora n’ont jusqu’à présent pas été expulsées et continuent à résister, tout comme la communauté Guarani Kaiowá !

Un vieux rêve de la communauté

La communauté Guarani Kaiowá a toujours privilégié les espaces communs. Le centre social est un vieux rêve de la communauté. En 2014, des activités ont été réalisées pour commencer à récolter les fonds nécessaires, avec le soutien du FTA (Front Terre et Autonomie) et des Brigades Populaires. Grace à cette récolte, la communauté a pu construire les fondations sur le terrain qui abritera le Centre social, au travers de « mutirões » (chantiers communautaires) réalisés par les habitant-e-s et par des soutiens extérieurs.

En 2015 et 2016, la situation juridique étant assez tendue, la communauté n’a pas pu donner suite à la construction du centre social. Mais l’idée tient toujours et la communauté prend soin du lieu afin que, dans un futur proche, la construction puisse reprendre.

L’heure est enfin venue : GK reprend la campagne de financement afin de récolter ce qu’il manque pour que ce vieux rêve devienne enfin réalité. Ils comptent sur notre solidarité, pas seulement celle de ceux et celles qui connaissent et appuient la communauté GK, mais aussi de toutes celles et ceux qui frémissent d’un sentiment de révolte contre les injustices sociales et qui savent que cette lutte est digne et nécessaire !

Le Centre Social

Le centre social sera un espace qui accueillera les assemblées et réunions communautaires en plus de diverses autres activités, ateliers et évènements qui ont lieu dans la communauté.

L’occupation a besoin d’un espace qui offre une meilleure structure pour les ateliers, rencontres et activités qui nécessitent un toit, un espace exclusif.

La communauté a déjà pensé à de nombreux projets qui pourraient être réalisés sur place, tout comme celles et ceux qui la soutienne, mais tous ces projets exigent une structure minimum, un espace abrité et protégé des intempéries, si courantes au Brésil.

Entre autres, il y a l’idée de remettre en place le cinéma communautaire (qui a existé durant un certain temps mais a été interrompu faute d’espace), de monter un collectif de femmes, d’organiser des ateliers pour les enfants, de créer une crèche autogérée, des activités de soutien scolaire et même une coopérative d’habitant-e-s.

Sans ce Centre social, rien de cela ne sera possible. Ils font donc appel à notre solidarité pour que tout cela et plus encore puisse être réalisé.

Ils espèrent réussir à atteindre ce but, et pouvoir bientôt recevoir tout-es celles et ceux qui contribueront à la campagne, lors une grande fête communautaire pour fêter cette nouvelle conquête !

Soutenez Guarani Kaiowá ici

Vive l’Occupation Guarani Kaiowá!

La communauté vous expliquent sont budget

Les habitant-e-s de l’occupation ont imaginé ensemble comment sera le centre social. Celles et ceux qui ont du savoir-faire dans la construction ou travaillent comme maçons se sont réunis et ont établi un budget pour la construction de ce projet :

– Construction : 6000 Réais brésiliens (1780 euros)

Pour monter le centre, qui contiendra une vaste pièce principale, un débarras, des toilettes, En prenant en compte le sable, le ciment, les gravats, les briques, le fer pour la structure, la toiture, le plâtre, l’installation électrique, les canalisations et la peinture, le budget total est de 6000 Réais.

– Coûts éventuels, aides aux cadeaux et pourcentage de « catarse » : 2100 Réais (623 euros)

En prenant en compte l’inflation, de plus en plus forte au Brésil, vous comprendrez qu’il est plus sage de considérer une marge afin d’assurer l’achat du matériel et des coups éventuels supplémentaires qui peuvent surgir.

Nous prenons aussi en compte un coût afin de contribuer à la confection et la remise des cadeaux aux contributeurs de la campagne ainsi qu’un pourcentage pour le site Catarse (13 % du montant récolté), en prenant en compte que la communauté n’a pas la possibilité de les sortir de sa propre poche.

Cela porte le montant à 2100 Réais que nous ajoutons à notre budget total.

Ainsi notre objectif est de récolter 8100 Réais (2403 euros).

Nous espérons atteindre ce but, et à la fin de ce semestre pouvoir recevoir toutes celles et ceux qui ont contribué à la campagne de notre centre social, lors d’un grand moment pour fêter cette nouvelle conquête.

Soutenez les ici : https://www.catarse.me/centrosocialgk

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